Capturer la magie

Capturer la magie

Comment renouer avec votre présence à vous-même et votre capacité d’aimer la vie telle qu’elle est, comme les enfants le font naturellement ?

Il y a deux façons d’aborder la vie : soit vous souhaitez qu’elle soit différente et vous êtes toujours insatisfait, soit vous l’appréciez telle qu’elle est et ressentez un sentiment de curiosité, la conscience que vous êtes là où vous êtes censé être, dans un monde magique — tout comme lorsque vous étiez enfant. Vous pouvez y parvenir en cultivant une habitude très simple : tenez un journal photo.

Capturer la magie

La plupart d’entre nous gardons le souvenir d’étés magiques où, enfants, tout nous émerveillait et tout avait un sens. Je me souviens de longues journées d’été où tout me captivait et où je vivais pleinement l’instant présent. Chaque pierre était fascinante, chaque nuage avait une histoire à raconter. Personne n’attendait rien de moi. Je n’attendais rien de moi-même.

Je me souviens d’un été où les journées commençaient tôt. J’allais chez un voisin pour retrouver Princesse, une petite chienne avec qui je me promenais dans les champs voisins pendant des matins entiers. Je le laissais explorer à sa guise, puis je chantais et réécrivais des mélodies que j’avais entendues dans mes rêves la nuit précédente. Les champs longeaient une grande rivière, alors je retournais les pierres pour chercher des fossiles. Parfois, pour mon plus grand bonheur, je trouvais un coquillage ; une plante fossilisée était plus rare. Cela faisait ma journée. Quel trésor ! Je continuais à explorer. J’examinais des branches tordues et courbées par les éléments et, si j’avais le temps, je m’asseyais pour regarder passer les nuages, sachant que, derrière le beau ciel bleu et blanc, il y avait l’espace noir, d’immenses galaxies et un univers splendide, foisonnant de mystères. Comment retrouver ce sentiment d’épanouissement et d’émerveillement dans votre vie occupée et active ? Avec un journal photo. Contrairement aux collages et aux albums-souvenirs, les journaux photo misent sur l’instant présent et le plaisir de capturer des moments de vie qui vous remplissent de joie de vivre.

Tout ce qu’il vous faut, c’est un appareil photo numérique ou un téléphone cellulaire que vous pouvez emporter avec vous.

La première étape pour tenir un journal photo est de laisser aller cette voix intérieure inutile et destructrice qui dit : « Je serai heureux lorsque... Je serais heureux si... ». Lorsque vous décidez d’accepter la vie comme elle vient, cela ouvre la porte à la magie du présent. Soudain, vous remarquez le passant vêtu d’un jaune vif sous l’orage, les amis fébriles qui attendent patiemment l’arrivée d’un voyageur à l’aéroport et le aîné souriant qui profite du soleil. Vous prenez conscience à quel point la vie est belle et qu’il vous en faut bien moins que vous ne le pensez pour vous rappeler à quel point elle est réellement extraordinaire.

En prenant des photos régulièrement, vous revenez au présent, vous écartez les trivialités de la vie pour faire place à la beauté et, surtout, vous cessez de laisser les autres raconter l’histoire de votre vie à votre place. Les récits de nos vies sont souvent intégrés aux reportages. Pourquoi ne pas créer vos propres nouvelles et les partager avec vos proches ? Par exemple : « Aujourd’hui, j’ai vu une grenouille dans mon étang préféré » ou « Aujourd’hui, les tulipes de mon jardin se sont ouvertes » ou « Aujourd’hui, j’ai vu des adolescents tout endimanchés pour le bal de fin d’année. »

Internet est aussi un excellent endroit pour échanger les beaux moments de la vie. Le partage de présentations PowerPoint au cours des dernières années en est un exemple éloquent. Mais vous pouvez aussi créer votre propre diaporama personnel d’images qui vous remontent le moral et, surtout, vous aident à voir le bon côté des choses.

Il est possible d’alléger vos pensées. Si vous avez du mal à saisir des moments magiques, regardez simplement les nuages. Splendeur éternelle et en perpétuel mouvement de créativité, les nuages vous rappellent que rien ne dure éternellement et que la vie est remplie d’une beauté immense. J’ai une collection de photos de nuages — des nuages d’orage que j’ai vus lors d’un voyage en voiture avec une amie et des nuages que j’ai vus flotter au-dessus de la mer de Chine pendant que j’écoutais de l’opéra dans un avion qui me conduisait vers ma mère à Bangkok.

Derrière chaque insatisfaction se cache une grande faim. Une faim de sens et de véritable contact avec soi-même. Une faim de bonheur durable. Ironiquement, il semble que l’on ne se sente comblé que lorsqu’on apprécie ce que l’on a, et le désir de chercher la magie dans tout ramène la légèreté qui permet de trouver le bonheur simple.

© G.Samson 2011