Science : comment entrer dans le « flow » et faire ce qui vous rend le plus heureux
par PAUL RATNER
En psychologie, les activités de « flow » sont celles qui, en théorie, devraient nous rendre les plus heureux. Ce sont des activités comme le sport ou la cuisine qui demandent plus d’effort de notre part, mais qui se caractérisent par une immersion et une concentration totales. Un nouvel article soutient que nous sommes souvent confrontés à un dilemme : même si des études montrent que le fait de pratiquer des activités de « flow » nous rendrait plus heureux, nous avons tendance à consacrer davantage de notre temps libre à des activités passives, comme passer du temps sur Facebook ou regarder la télévision.
Dans deux études, les chercheurs L. Parker Schiffer et Tomi-Ann Roberts, de la Claremont Graduate University et du Colorado College, ont mené un sondage auprès d’environ 300 personnes afin de savoir ce qu’elles pensaient de différents types d’activités. Celles-ci allaient d’activités passives, comme écouter de la musique, à des activités suscitant le flow, comme faire de l’art. Comme l’expliquait l’article, les activités de « flow » « exigent des règles claires, un défi et un investissement élevé en énergie ».
Les participants devaient évaluer s’ils trouvaient ces activités agréables ou intimidantes, ainsi que la fréquence à laquelle ils les pratiquaient. Une autre question portait sur les activités particulières que les participants considéraient comme procurant un bonheur durable.
Les réponses ont révélé que, selon les gens, plus une activité exigeait d’efforts, plus elle apportait de bonheur. Mais les participants demeuraient plus susceptibles de consacrer leur temps à des activités passives, parce qu’ils les trouvaient plus faciles à entreprendre et plus agréables. À l’inverse, les activités de flow étaient perçues comme plus difficiles à amorcer, même si elles étaient généralement meilleures pour vous. Il est tout simplement plus facile de rester assis sur le divan que de se lever pour aller courir, ce qui peut être plutôt fatigant et même douloureux au début.
Pour pouvoir naviguer ce paradoxe du bonheur, les chercheurs proposent des techniques qui pourraient aider à réduire l’effort initial nécessaire pour se lancer dans une activité de flow, comme aller au gym. Ils recommandent de faire des choses comme choisir un gym près de chez vous et préparer vos vêtements d’entraînement la veille au soir. Ou, si vous voulez vous mettre à peindre ou avez quelque chose à écrire, préparez votre matériel d’écriture ou de peinture à l’avance. Le simple fait de faire cela peut aider à lancer le processus et faciliter le démarrage d’une activité qui, au bout du compte, vous apportera beaucoup de satisfaction.
Les chercheurs suggèrent également d’utiliser la « conscience contrôlée » - des techniques de pleine conscience et de méditation - pour amorcer le mouvement avant une activité de flow. Même si l’article préconise que de futures recherches mettent au point davantage de techniques pour nous aider à nous engager dans des activités de « flow » qui créent le bonheur, il avertit aussi que des enjeux importants sont en cause ici et qu’ils pourraient nous empêcher d’atteindre le bonheur en raison d’une « quête d’hédonisme » :
« Les gens savent que les activités de flow favorisent mieux le bonheur que les loisirs plus passifs et pourtant ils ne pratiquent pas ces activités, car il semble qu’ils ne sachent pas comment surmonter l’énergie d’activation ou les coûts de transition nécessaires pour rechercher un véritable plaisir. Cette disjonction nous amène peut-être à supposer que le bonheur va nous arriver comme résultat de notre quête d’hédonisme. Ainsi, nous adoptons une approche plus passive du bonheur, en optant pour des activités plaisantes plus faciles qui demandent moins d’énergie et sont moins intimidantes que les activités de flow à fort investissement. »
Source : http://bigthink.com/paul-ratner/how-to-get-into-the-flow-and-do-what-makes-you-happiest?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1486942624