S’asseoir et marcher

S’asseoir et marcher
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« Être assis ! » ne signifie pas « rester assis ».

« Va ! » ne signifie pas « partir en vitesse ». « Être assis » consiste à demeurer centré au cœur du flux et du reflux de la vie.

« Aller » consiste à demeurer en paix malgré l’agitation que la vie entraîne.

Voilà comment commence le plus récent ouvrage de Jean-Yves Leloup, L’Assise et la Marche (Sitting and Walking).

Jean-Yves Leloup est docteur en philosophie, en psychologie et en théologie. Écrivain et conférencier, il est à la fois dominicain et prêtre orthodoxe. Grâce à la rare combinaison de sa formation multidisciplinaire, ses livres, ses conférences et ses séminaires ouvrent une fenêtre sur les textes sacrés et offrent une façon d’aborder et de réfléchir à l’immense richesse de la spiritualité présente dans la vie quotidienne.

L’Assise et la Marche est une œuvre qui se dépose peu à peu dans l’être intérieur. Elle s’adresse à la partie la plus importante de nous-mêmes, notre « réalité suprême » — une expression emblématique du professeur Leloup, qui examine les preuves du « je suis » plutôt que l’expérience de « ce que je suis ».

Ce livre est aussi une invitation à découvrir ce qui se trouve au-delà des opposés du repos et du mouvement — un troisième espace que le professeur Leloup appelle « le centre » ou « l’œil du cœur ». En termes simples, il dit que « bien s’asseoir, c’est être tourné vers la lumière ».

Le professeur Leloup nous aide à identifier la forme de méditation qui nous convient le mieux. Ainsi, il montre que « chaque méthode de méditation a sa propre cohérence, sa fonction particulière. De plus, chacune a sa propre histoire, c’est-à-dire la lignée de ceux qui la transmettent ». Pour lui, l’essentiel est que nous nous y abandonnions totalement. Cela aide l’Homme à revenir à lui-même.

Il nous invite à sentir notre corps comme une énergie, comme le souffle — à déployer notre champ énergétique et à laisser derrière nous les tensions musculaires. Mais il précise que la méditation ne signifie pas sortir du corps, mais plutôt l’habiter encore davantage. La méditation nous permet d’ordonner nos idées et de calmer nos pensées afin que nous devenions capables de silence et d’attention — et d’atteindre une perspective claire et présente. Méditer, c’est redécouvrir la paix.

J’apprécie tout particulièrement lorsque le professeur Leloup suggère que notre méditation s’inspire d’un élément de la nature, en allant au-delà du Soleil et de la Lune, d’une montagne et d’un grand lac. Et pourquoi ne pas nous abandonner à l’un de ces éléments, ou synchroniser notre souffle avec lui? Juste pour que nous puissions nous reconnecter à nous-mêmes, et nous apprivoiser de nouveau afin de ne plus nous sentir étrangers dans notre monde.

Invoquons aussi le nom de Yeshua et laissons-nous porter par lui. Ainsi, il n’y a pas de séparation; nous sommes liés à la fois au Ciel et à la Terre. Pour le professeur Leloup, ce nom crée l’équilibre et favorise l’intégration.

« Méditer, c’est laisser chanter le souffle. »

Nous immerger dans L’Assise et la Marche nous ramène, pas à pas, au sentiment que « je suis l’Amour qui fait tourner la Terre, le cœur humain et toutes les étoiles. Je suis Celui-là. »