Voler, un sentiment de liberté

Voler, un sentiment de liberté
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Depuis aussi loin que je me souvienne, j’ai voulu voler. Quand d’autres jeunes garçons rêvaient d’être pompiers ou médecins, je rêvais d’être pilote — pour pouvoir voler ! La vie m’a mené sur un autre chemin au fil des ans, mais je pense encore au vol chaque jour. Laissez-moi essayer d’expliquer pourquoi.

À la fin des années 1980, dans le cadre de mes activités professionnelles, j’ai rencontré un Européen qui a lancé ce qui allait devenir l’une des premières écoles de parapente au Québec. Il m’a suffi d’un cours d’initiation d’un week-end pour faire mon premier grand saut dans l’univers du vol libre.

Qu’est-ce que le parapente ? C’est la façon la plus simple de voler. Une voile ressemblant à un parachute est repliée dans un sac à dos qui contient aussi une sellette et un parachute de secours. Le tout pèse au plus 40 lb. Vous dépliez la voile au sommet de la pente, la placez au sol, dévalez la pente pendant que la voile se soulève au-dessus de votre tête, et vous voilà parti ! Comme il n’y a pas de moteur, le parapente demeure en l’air grâce aux courants ascendants, un peu comme un planeur.

Décollage

C’est un moment magique, lorsque, après une courte préparation avant le décollage, vous vous élancez dans les airs pour rejoindre les oiseaux. C’est une sensation incomparable ! Soudain, l’espace s’ouvre, devenant presque infini, et vous vous retrouvez seul avec votre voile. Cependant, les préparatifs avant le décollage sont cruciaux et vous permettent de profiter pleinement de ce qui suit. Une mauvaise préparation peut entraîner des accidents et toutes leurs conséquences malheureuses. Il m’est arrivé d’avoir des conditions si bonnes que j’étais trop impatient de décoller et que je sautais les préparatifs. Je l’ai ensuite regretté. Un vol qui aurait dû être miraculeux a commencé par un décollage cauchemardesque ! Les jours où je suis trop impatient et où je veux me précipiter sans bonne raison, je me rappelle ces fiascos au décollage. Et lorsque c’est possible, j’essaie de prendre un moment pour réfléchir — comme un vieux moine — afin d’être discernant plutôt que décisif !

En vol

Rien ne vaut la découverte d’une thermique qui vous porte au moment du décollage, vous permet de voler un peu partout, puis de monter jusqu’aux nuages. Mais ce n’est pas toujours ainsi que cela se passe. Les thermiques sont des courants d’air chaud ascendants qui vous élèvent à de plus hautes altitudes lorsque vous les traversez. Ils sont invisibles et varient en taille, en force et en intensité. Pour réussir vos vols en thermique, il faut être persévérant et confiant… dans votre intuition ! Nous travaillons souvent avec l’immatériel. Pourquoi une thermique se produit-elle habituellement à cet endroit, mais pas cette fois-ci ? Et si ce n’est pas cette fois-ci, comme pour d’autres occasions imprévues dans la vie — il faut simplement les prendre comme elles viennent !

Une bonne dose d’humilité est aussi nécessaire. Saviez-vous que la plupart des accidents de vol sont dus à une erreur du pilote ? C’est une belle leçon de vie, de savoir qu’il m’arrive parfois de vouloir blâmer le monde entier pour mes erreurs personnelles !

Atterrissage

L’approche et l’atterrissage sont planifiés avant le décollage. De l’air, vous devez vous assurer que la trajectoire est libre et tenir compte de tous les éléments avant de planifier votre approche (obstructions, clôtures, voitures, arbres, etc.). Rien ne peut être tenu pour acquis, car il n’y a pas de deuxième chance. N’est-ce pas aussi la dure réalité de notre vie quotidienne ? Il y a des éléments que je ne vois pas — ou plutôt, que je ne veux pas voir ! — qui me frappent de plein fouet et gâchent mon « atterrissage ». Et quand mes pieds touchent enfin terre, je me sens heureux ; mon cœur est léger. Il n’y a pas de mauvais vols, seulement différents types de vols, quand j’accepte que mes décisions ne donnent pas toujours les résultats souhaités. C’est une nouvelle leçon chaque fois.

Tout compte fait, le vol libre se résume à quelques éléments : la préparation, la confiance, le lâcher-prise, la persévérance et l’humilité.

Je ne vole plus aussi souvent que je le voudrais, mais j’y retournerai. Cette passion viscérale m’accompagnera toute ma vie. Et je vis avec la certitude que je volerai de nouveau. En attendant, dans ma tête — je vole !